Budget 2020: Le regard du Directeur Général du Budget

Après l’adoption et la promulgation de la loi n°2019/023 du 24 décembre 2019 portant loi de finances de la République du Cameroun pour l’exercice 2020, le Ministre des Finances, Louis Paul MOTAZE a aussitôt signé la circulaire n° 00008349 /C/MINFI du 30 Décembre 2019 portant instructions relatives à l’Exécution des Lois de Finances, au Suivi et au Contrôle de l’Exécution du Budget de l’Etat et des autres Entités Publiques pour l’exercice 2020. C’est dans cette suite logique que Monsieur Cyrill EDOU ALO’O, Directeur Général du Budget a commencé à apporter davantage des éclairages sur ledit budget. En effet, lors d’une sortie dans le Quotidien National Bilingue Cameroon Tribune n° 12008/8207, du mercredi 08 janvier 2020 (page 11), Le Directeur Général du Budget a présenté les grands axes du budget 2020 et délivré les clés de lecture.

  • La baisse du budget

Le constat le plus marquant du budget 2020 est sa baisse. En effet, le budget passe de 5 212 milliards de FCFA en 2019 à 4 951,7 milliards de FCFA, soit une baisse de 260 milliards (5 % en valeur relative). Le Directeur général du Budget a expliqué que : « la baisse du budget 2020 est d’abord une baisse volontariste. En effet, cette baisse, tout en tenant compte de la réalité économique, s’inscrit dans la perspective de la poursuite de l’effort de la réduction de nos déficits budgétaires et de la maitrise du niveau d’endettement de notre pays à moyen terme ».

  • Les principaux objectifs du budget

Les principaux objectifs sont déclinés sur trois plans : le plan économique, plan social et plan politique.

  • Sur le plan économique, le budget 2020 a pour but de rechercher la plus grande stabilité macro-économique via la réduction du déficit budgétaire, le renforcement du niveau des réserves de change et l’amélioration de la compétitivité de l’économie camerounaise, l’accélération et la finalisation des constructions des infrastructures énergétiques, routières, sportives et de télécommunications.
  • Sur le plan social, il est question de promouvoir un meilleur cadre de vie pour les populations dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’eau et de l’énergie électrique. Sont également concernées la couverture santé universelle et la promotion de l’emploi jeune.
  • Sur le plan politique, il s’agit de mettre en œuvre les conclusions du Grand dialogue national, d’accélérer le processus de décentralisation, d’assurer une organisation efficace des élections législatives et municipales février 2020 et éventuellement des élections régionales.

 

  • Les principaux défis

Il s’agit en premier lieu de la mobilisation optimale des ressources projetées dans la loi des finances, notamment, celles attendues des mesures nouvelles. Ceci appelle donc à plus de discipline et de civisme fiscal de la part de tous les contribuables.

Le deuxième défi est d’éviter le gaspillage des ressources et de garantir l’efficacité de l’action publique, cela passe par une bonne exécution des projets d’investissement public.

Le troisième défi quant à lui implique une gestion efficiente et efficace du budget par les ordonnateurs de la dépense, qui consiste en s’en tenir strictement aux plafonds de dépenses fixés pars la loi. Ceci dans le but d’éviter de s’écarter du niveau du déficit arrêté dans la loi de finances 2020 (soit 2,1% du PIB).

  • Dispositions budgétaires relatives au renforcement du processus de décentralisation

Elles sont matérialisées par un accroissement des ressources affectées aux Collectivités Territoriales Décentralisées (CTDs). Il passe de 103,6 milliards de FCFA en 2019 à 110 milliards de FCFA, soit une augmentation de 6,3 milliards de FCFA.

Aussi, la fluidification des procédures budgétaire d’exécution des crédits destinés aux CTDs passe par trois mesures majeures :

  • la création dans les livres de la paierie générale du trésor d’un compte séquestre dédié à la décentralisation ;
  • la mise en place d’un mécanisme de suivi et de remontée de l’information et de réédition des comptes des activités budgétaires, financières et comptables des CTD ;
  • l’allégement de la procédure de modification et des corrections des erreurs matérielles sur les délégations de crédits décentralisés.

 

  • Les mesures d’exécution optimale du budget

Il s’agit entre autres de la restructuration du format de la circulaire d’exécution du MINFI pour faciliter son utilisation et sa compréhension par tous les acteurs de la chaine d’exécution budgétaire.

Des innovations sont observées en matière de :

  • Renforcement du reporting financier Conformément à l’article 85 alinéa 2 de la Loi N° 2018/012 du 11 Juillet 2018 portant Régime Financier de l’Etat et des Autres Entités Publiques. Dorénavant, le Gouvernement va transmettre au Parlement à des fréquences régulières des rapports sur l’exécution du budget, en recettes comme en dépenses et sur l’application de la loi de finances.
  • Renforcement des contrôles.
  • Mise en instance sur la maturation des projets.
  • Poursuite de l’assainissement du fichier solde.
  • Rappel des dispositions encadrant les dispositions de la dette flottante.

Toutes ces mesures de transparence visent à renforcer la discipline et la responsabilité budgétaire des acteurs de la chaine d’exécution pour une plus grande efficacité des dépenses. Elles seront explicitées davantage lors du lancement du budget dans les jours à venir sur toute l’étendue nationale.

Tout télécharger