Ministère des Finances du Cameroun

LA DIRECTION GENERALE DU BUDGET

Entreprises Publiques au Cameroun :  le MINFI appelle au renforcement de la gouvernance financière

Publié le : 4/06/26 9:29 AM

Yaoundé, a abrité le 26 mai 2026, une rencontre réunissant les responsables chargés des questions financières et comptables des entreprises publiques camerounaises. Sous la coordination de Judith Clairence Menguele épse Bodo, Chef de la Division des Participations et des Contributions de la Direction Générale du Budget (DGB), représentant le Ministre des Finances, cet événement visait à évaluer les avancées de mise en œuvre des recommandations issues des travaux de la rencontre précédente et à faire le point sur l’état d’avancement de la clôture des comptes de l’exercice clos le 31 décembre 2025.

Cette rencontre s’inscrit dans une démarche continue visant à professionnaliser et à fiabiliser la gestion financière des entreprises où l’État détient une participation significative, avec comme objectif ultime, de consolider la transparence, la crédibilité et la qualité de l’information financière produite par les entités publiques, piliers essentiels de la performance économique et de la confiance institutionnelle. Il s’agit également de garantir que ces entreprises ne se contentent pas de respecter les exigences réglementaires, mais qu’elles s’approprient pleinement les bonnes pratiques en matière de production et de diffusion de l’information financière. Cette phase de suivi-évaluation témoigne de la volonté des pouvoirs publics de suivre de près la progression des entreprises publiques dans l’atteinte d’objectifs cruciaux visant leur pérennité et celle de l’économie nationale.

Au cœur des discussions, l’appréciation objective du niveau de mise en œuvre des recommandations formulées lors de la précédente édition de ces rencontres, qui s’était tenue le 7 avril 2026. Ici, l’accent avait été mis sur l’importance capitale pour les responsables financiers et comptables de produire une information financière et comptable d’une fiabilité irréprochable. La nécessité de transmettre cette information à la tutelle financière compétente et de la publier dans les délais légaux avait été fermement soulignée, dans un souci de transparence et de reddition de comptes. L’on attend de ces nouvelles assises un bilan concret de l’impact de ces sensibilisations.

Concernant l’évaluation de l’état d’avancement des travaux de clôture des comptes de l’exercice clos au 31 décembre 2025, il s’agit d’une étape fondamentale car elle précède immédiatement les échéances légales de publication des résultats financiers pour chaque entreprise publique. Une clôture effective et rigoureuse est la condition sine qua non pour pouvoir ensuite diffuser des informations financières validées, permettant ainsi aux différentes parties prenantes, externes et internes, de disposer d’une image fidèle de la santé financière de ces entités.

Des avancées globalement positives

Judith Clairence Menguele épse Bodo, dans son allocution de circonstance, a partagé une première impression globalement positive. Elle a précisé que les 15 entreprises initialement sélectionnées ont « presque toutes déjà leurs états financiers produits ». De même, pour un certain nombre d’entre elles, les sessions des conseils d’administration nécessaires à la validation de ces états ont déjà eu lieu et d’autres sont prévues pour se tenir dans les délais. Ce constat encourageant, induit que le suivi rapproché dont bénéficient les entreprises publiques porte ses fruits, ce qui leur permet d’avancer et de progresser significativement.

Cette dynamique permet de s’aligner véritablement sur la trajectoire de la production des états financiers audités dans les délais impartis et de leur publication sur les plateformes dédiées. Mme Menguele épse Bodo a exprimé sa confiance quant à l’atteinte des objectifs fixés pour le 30 juin, date à laquelle un « nombre acceptable d’entreprises » devraient avoir procédé à la clôture de leurs comptes et à la publication de leurs états financiers sur leurs propres sites web ou sur celui du ministère des Finances. Cette échéance est cruciale pour assurer la mise à jour régulière des informations financières. Cependant il faut préciser que la liste prioritaire des 15 entreprises attendues par le Partenaire financier a été réajustée au cours des travaux, portant le nombre total de 15 à 21.

La nécessité pour chaque entreprise de rendre compte de sa performance financière 

L’importance de la publication des états financiers certifiés et audités ne saurait être sous-estimée. Pour des institutions financières, des partenaires techniques et financiers de l’État, et même pour les administrés, ces documents constituent une source d’information essentielle. La crédibilité d’une entreprise, qu’elle soit publique ou privée, repose en grande partie sur sa capacité à rendre compte de sa performance financière de manière transparente et régulière. Une entreprise qui omet de publier ses états financiers, projette une image peu sérieuse et peu professionnelle d’elle tant aux yeux des partenaires que du public.

Au-delà de la simple exigence de crédibilité, la publication des états financiers est un outil fondamental pour l’aide à la décision, particulièrement dans le contexte de la gestion du portefeuille des entreprises publiques. L’État, en tant qu’actionnaire, doit être en mesure de prendre des décisions éclairées et rapides pour accompagner efficacement ces entreprises. Si les informations financières ne sont pas disponibles en temps voulu ou si leur qualité est médiocre, il devient difficile, voire impossible, de prendre des décisions appropriées qui favorisent le maintien d’une dynamique positive, l’adaptation aux évolutions du marché et la recherche constante de la performance.

Dans un environnement économique mondialisé et de plus en plus compétitif, les entreprises publiques doivent impérativement renforcer leur gouvernance financière. La transparence et la rigueur dans la production et la publication de leurs comptes ne sont plus une option, mais une nécessité pour asseoir leur légitimité, maintenir la confiance des investisseurs et partenaires, et surtout, assurer une gestion efficiente qui serve les intérêts nationaux. C’est donc  une étape importante dans cette quête d’excellence opérationnelle et de responsabilité financière pour l’ensemble du secteur des Entreprises Publiques au Cameroun.