Ministère des Finances du Cameroun

LA DIRECTION GENERALE DU BUDGET

« Et si c’était mon bien? » : le cri de cœur de la DGB pour sauver la chose publique du gaspillage

Publié le : 3/11/26 10:48 AM

Deux questions simples pour changer la gestion de l’État. « Et si c’était mon bien ? Et si c’était mon enfant ? » C’est l’interpellation lancée le 2 novembre 2026 à Yaoundé par la Direction Générale du Budget, lors de la levée des couleurs présidée par son Directeur Général, Cyrill Edou Alo’o. À travers une minute de civisme portée par Flore Goma, Sous-Directeur des Affaires Générales, la DGB a rappelé que la rigueur budgétaire commence par une conscience morale : gérer l’argent public comme un bon père de famille.

L’esplanade du Ministère des Finances a servi de tribune à un véritable cours d’éthique publique. Ce 2 novembre 2026, sous l’autorité de Cyrill Edou Alo’o, Directeur Général du Budget, le personnel de la DGB était rassemblé pour la cérémonie de levée des couleurs. Mais au-delà du rituel républicain, c’est une leçon de gouvernance qui a été délivrée. L’oratrice du jour, Flore Goma, Sous-Directeur des Affaires Générales, a choisi de remettre au centre du jeu une notion juridique ancestrale : le bon père de famille, qu’il faut aujourd’hui entendre comme bonne mère de famille ou, dans son acception plus moderne et non discriminatoire, comme personne raisonnable.

Flore Goma a tenu à rappeler que ce n’est pas une invention morale, mais une obligation légale gravée dans les textes. L’article 11 du Code civil l’impose : veiller à la conservation de la chose publique avec tous les soins d’un bon père de famille. Le Statut Général de la Fonction Publique, en son article 36, enfonce le clou en exigeant du fonctionnaire qu’il agisse avec diligence, probité, respect de la chose publique et sens de la responsabilité. Être un bon père de famille, a-t-elle expliqué, n’est pas de la théorie, c’est gérer ses ressources avec prudence et responsabilité, éviter les dépenses inutiles et le gaspillage, anticiper les difficultés, préparer l’avenir et prendre des décisions réfléchies dans l’intérêt de sa famille et de sa collectivité.

Pour la Direction Générale du Budget, qui tient les cordons de la bourse de l’État, cette exigence est vitale et se traduit par des attitudes concrètes au quotidien. C’est d’abord la rigueur budgétaire où chaque franc dépensé doit être justifié par un besoin réel et conforme aux règles, c’est ensuite la chasse au gaspillage qui impose de maîtriser les consommations d’eau et d’électricité, de préserver les équipements et d’utiliser rationnellement les fournitures de bureau. C’est aussi l’intégrité absolue qui commande de refuser la corruption, les détournements, les conflits d’intérêts et toute utilisation personnelle des ressources publiques, le tout indissociable du respect strict des lois, règlements et procédures, car la bonne gestion ne repose jamais sur la seule bonne intention. Enfin, c’est la préservation du patrimoine de l’État, des véhicules aux ordinateurs en passant par les bâtiments et mobiliers, qui doivent être entretenus et utilisés avec le plus grand soin.

« Ne pas négliger le matériel…Ne pas négliger l’humain »

Le tournant le plus fort du discours aura été le passage du matériel à l’humain. « Les ressources confiées à un responsable ne sont pas uniquement financières et matérielles, elles sont également humaines », a martelé Flore Goma. Dès lors, le bon père de famille, qu’il soit Directeur Général, Chef de Bureau ou simple responsable d’équipe, doit être un bon gestionnaire des femmes et des hommes placés sous son autorité. Cela implique de les traiter avec justice et équité, de développer les compétences, de valoriser les talents, d’encourager la formation continue et le partage des connaissances. Mais cela exige aussi d’être rigoureux mais humain, capable de rappeler les obligations, de corriger les insuffisances et de sanctionner les manquements lorsque cela est nécessaire, toujours dans le respect des procédures et des droits, tout en préservant la motivation, le bien-être, en veillant aux conditions de travail, à la répartition équitable des tâches, à la prévention des tensions et à la reconnaissance du mérite.

Le discours s’est achevé sur une vérité qui dérange et qui fait de cette notion une véritable philosophie de vie : on ne peut pas exiger ce qu’on n’incarne pas. Un bon père de famille ne peut exiger la ponctualité s’il arrive lui-même en retard, il ne peut exiger la rigueur s’il travaille dans l’improvisation, il ne peut exiger l’intégrité s’il adopte des comportements contraires à l’éthique. D’où ce cri du cœur final, devenu le slogan de cette minute de civisme : « Si nous traitons la ressource publique comme nous traitons nos ressources privées, l’État se portera beaucoup mieux. » Deux questions doivent désormais habiter chaque agent de l’Etat: « Et si c’était mon bien ? Et si c’était mon enfant ? » La réponse à ces deux questions, c’est le Cameroun que la DGB veut servir.

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