Ministère des Finances du Cameroun

LA DIRECTION GENERALE DU BUDGET

Éthique et déontologie : La DGB renforce son exigence vis-à-vis des Contrôleurs Financiers

Publié le : 15/05/26 8:55 AM

Dans un contexte de réformes visant à moderniser la gestion des finances publiques, la Direction Générale du Budget (DGB) a réaffirmé avec insistance l’impératif d’une éthique et d’une déontologie irréprochables au sein de ses services. Ce message fort a été délivré par Augusta Njock Arrey épse Tabenyang, Chef de Division du Contrôle Budgétaire, de l’Audit et de la Qualité de la Dépense (DCOB), lors de la conférence annuelle des Contrôleurs financiers tenue le 12 mai 2026 à Yaoundé. Présidant la cérémonie au nom du Directeur Général du Budget, elle a dressé un état des lieux, soulignant les avancées, mais surtout les défis et les attentes futures pour garantir l’intégrité et l’efficacité de la fonction.

Ce rendez-vous annuel, qui témoigne de la volonté du Ministre des Finances de préparer activement les acteurs aux mutations profondes attendues avec la réforme sur le contrôle interne budgétaire et le contrôle financier renouvelé, représente une plateforme essentielle dans l’exécution du budget. Il offre une occasion unique pour faire le bilan des difficultés qui entravent l’exécution budgétaire dans les structures d’affectation des Contrôleurs financiers. Parallèlement, il permet d’évaluer la performance et la structuration du réseau des Contrôleurs financiers, un pilier essentiel de la gouvernance du pays.

C’est pour marquer l’importance de leur rôle, que la DCOB a centré son intervention sur l’éthique et la déontologie, ainsi que la performance des services. Concernant la performance, elle a présenté le nouveau cadre logique du Programme 233, intitulé « Gestion Budgétaire de l’État », qui couvre la période 2025-2027. Ce cadre a été élaboré de telle sorte que tous les indicateurs de performance soient logés au niveau du Programme, facilitant ainsi un suivi plus précis et une évaluation plus pertinente. Parmi ces indicateurs, deux sont particulièrement pertinents et directement liés aux activités quotidiennes des contrôleurs financiers. Il s’agit, d’une part, de l’examen rigoureux de l’exécution des dépenses, notamment celles effectuées par procédure dérogatoire, et d’autre part, de l’optimisation des délais moyens de traitement des dossiers. Pour alimenter ces indicateurs, une obligation a été mise en place : les contrôleurs financiers doivent semestriellement, et non plus annuellement, procéder à une évaluation détaillée des dépenses et des délais mentionnés ci-dessus, en les intégrant systématiquement dans leurs rapports d’activité trimestriels. Un canevas spécifique pour faciliter cette tâche ainsi qu’un modèle rédactionnel seront prochainement mis à leur disposition pour harmoniser les pratiques et garantir la qualité des données collectées.

Cependant, au-delà des indicateurs et des procédures, un aspect fondamental de la fonction a été soulevé avec une vigueur particulière : la production et la transmission des rapports d’activité. Il est apparu, à maintes reprises, que l’exigence de remonter ces informations essentielles n’est pas toujours respectée, notamment par certains contrôleurs financiers affectés au sein des ministères. Malgré de multiples notes de relance et des interpellations, cette négligence persiste. Le Chef de division du contrôle , de l’audit et de la qualité de la dépense a souligné le manque de perception quant à l’importance capitale de cette remontée de l’information budgétaire. Ces rapports sont indispensables pour éclairer la prise de décision au plus haut niveau, que ce soit pour les instances de régulation comme le Comité Interministériel d’Exécution Budgétaire (CIEP), pour les sessions parlementaires où la reddition de comptes est primordiale, ou encore pour l’anticipation et la gestion d’éventuels conflits budgétaires. Plus grave encore, cette défaillance dans le suivi et le reporting impacte directement l’atteinte des objectifs de performance des différents ministères et, par extension, du programme budgétaire national.

Relever les défis complexes de la gestion budgétaire moderne

Dans le prolongement de ces constats, l’oratrice a abordé les manquements observés dans le comportement professionnel de certains contrôleurs financiers. L’on note, en effet, des cas d’indisponibilité fréquente à leur poste de travail, un manque de franche collaboration avec les administrations de tutelle, et, plus préoccupant encore, des atteintes manifestes à l’éthique et à la déontologie propre à la fonction publique et au métier. Ces comportements, loin de valoriser la noblesse de la fonction occupée, tendent à dégrader l’image du corps des contrôleurs financiers et à créer un climat défavorable à l’atteinte des objectifs assignés aux administrations auxquelles ils sont rattachés.

Face à ces constats, Augusta Tabenyang  a lancé un appel clair et sans équivoque à l’ensemble des contrôleurs financiers. « Mesdames et messieurs les contrôleurs financiers, je vous invite à faire preuve de plus de discipline, d’assiduité et à cultiver le dialogue, non seulement au sein de vos circonscriptions respectives, mais aussi et surtout dans le cadre du réseau professionnel mis en place », a-t-elle exhorté. Elle a rappelé la vision ambitieuse du Ministre des Finances, qui, lors des conférences annuelles des services centraux et déconcentrés en 2026, a exprimé sa vision d’une nouvelle génération de contrôleurs financiers : des professionnels « smart », c’est-à-dire à la fois intelligents, réactifs, compétents et intègres, capables de relever les défis complexes de la gestion budgétaire moderne et d’incarner les valeurs d’exemplarité attendues de la haute administration publique.

Com DGB