Ministère des Finances du Cameroun

LA DIRECTION GENERALE DU BUDGET

« Tensions de trésorerie » : ces solutions qui viennent de la DGB

Publié le : 9/02/26 10:03 AM

Elles ont explicitement été exposées par Sophie Boumsong, le Chef de la Division de la Réforme Budgétaire, le 06 fevrier 2026, à Yaoundé, au cours de la conférence annuelle des responsables des services centraux, déconcentrés et extérieurs du Ministère des Finances.

Reflet fidèle de la qualité de la gestion budgétaire, de la discipline collective des acteurs et de l’efficacité du pilotage infra-annuel des finances publiques, la Trésorerie de l’État fait face à un ensemble de difficultés à l’origine des « tensions de trésorerie » souvent mentionnées. Si son amélioration passe par une discipline budgétaire mieux programmée, davantage engagée, régulée, coordonnée et mieux payée, la vulgarisation de toutes ces procédures reste prioritaire. C’est conscient de cette réalité que la Direction Générale du Budget , à travers, le Chef de Division de la Réforme Budgétaire, a saisi l’occasion, pour présenter les différentes réformes engagées pour permettre au Cameroun de disposer d’une trésorerie calquée sur le modèle de la modernisation telle que voulue par la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030(SND30).

Des constats récents montrent que les tensions de trésorerie ne sauraient être durablement résolues par des ajustements ponctuels ou par une gestion de court terme. Elles appellent  une transformation plus profonde des pratiques, fondée sur une requalification du rôle de la gestion budgétaire dans le pilotage financier de l’État. Avec le cadre normatif renouvelé, la gestion budgétaire est appelée à jouer un rôle central dans l’anticipation des flux, la discipline de l’exécution et la sécurisation de la trésorerie. 

Mettre l’accent sur le pilotage du budget

Face à ces réalités, la Direction Générale du Budget propose un ensemble de réformes enracinées sur quatre facteurs clés notamment : le pilotage du budget comme condition de la trésorerie future ; la valorisation de  l’articulation PPM, PE, PT, ainsi que du  Comité de Trésorerie et de régulation budgétaire comme instruments centraux de discipline financière ;  le renforcement du  mécanisme des AE/CP dans la gestion des investissements publics et la consolidation de la réforme des chapitres communs à travers une mise en œuvre rigoureuse des dotations.

Relativement au pilotage du budget comme condition de la trésorerie future, il s’agit d’assurer  une gestion rigoureuse de la fin d’exercice budgétaire, laquelle dépend elle-même d’un véritable pilotage budgétaire en infra annuel par une coordination permanente entre les services de la DGB, de la DGTCFM, de la DGI, de la DGD, de la CAA, du MINEPAT. Une action qui commande, la situation hebdomadaire de l’exécution du budget produit ; l’arrêt semestriel du budget ; le rapprochement mensuel des situations d’exécution du budget et de la balance des comptes, ainsi que la production du TABORD et des rapports trimestriels du budget à bonne date. Des pratiques dont la réussite est conditionnée par des systèmes d’information budgétaire et comptable robustes, exhaustifs, totalement interconnectés et administrés de manière efficiente.

S’agissant de la valorisation de l’articulation PPM, PE, PT, ainsi que du Comité de Trésorerie et de régulation budgétaire comme instruments centraux de discipline financière, il est question d’actualiser les plans d’engagement pour fluidifier la trésorerie, tout en faisant de véritables instruments opposables, conditionnant la prise d’engagements à une évaluation préalable de leur soutenabilité dans le nouveau cadre de gestion budgétaire. Ce qui suppose une articulation étroite entre les plans de passation de marchés, les plans d’engagement, les plans de trésorerie et les travaux du Comité de Trésorerie et de Régulation Budgétaire.

Sur le volet du renforcement du mécanisme des AE/CP dans la gestion des investissements publics, Sophie Boumsong a évoqué les principes posés par la loi 11 juillet 2018 portant régime financier de l’État et des autres entités publiques. Ce sont notamment :  la dualité des autorisations d’engagement et des crédits de paiement, chacune des catégories répondant à un besoin spécifique, et faisant l’objet d’une fixation limitative par les lois de finances ; la limitation de la durée de vie dès l’année d’ouverture, sans extension ; l’égalité en budgétisation des AE et des CP sauf pour l’investissement ; la possibilité de report de Crédits de paiement.  

Sur la consolidation de la réforme des chapitres communs à travers une mise en œuvre rigoureuse des dotations, il est annoncé la transition des chapitres communs vers les dotations pour dépenses accidentelles et imprévisibles, dès cet exercice 2026. Le Chef de division de la Réforme précise qu’en clarifiant les responsabilités des gestionnaires et en encadrant strictement les conditions d’utilisation des crédits, la réforme des dotations vise à restaurer la prévisibilité de l’exécution budgétaire et à réduire les dépenses non maturées.

En clair, ces différentes réformes offrent une opportunité décisive et obligent le Cameroun à passer d’une trésorerie subie à une trésorerie pilotée, fondée sur l’anticipation, la coordination et la responsabilité. L’efficacité de ce nouveau cadre dépendra avant tout de son appropriation par les acteurs ; et de la volonté de le mettre véritablement en œuvre : « c’est à ce prix que la trésorerie pourra pleinement jouer son rôle de stabilisateur financier, de garant de la continuité de l’action publique et de vecteur de crédibilité de la gouvernance budgétaire », a précisé Sophie Boumsong.

Com.DGB