Le budget de l’Etat 2021 est lancé

Le mardi, 12 janvier 2021, s’est déroulée la cérémonie officielle de lancement technique du budget de l’Etat 2021 dans la capitale régionale du Sud, Ebolowa. Sous la présidence du Ministre des Finances, Louis Paul Motaze, des cérémonies similaires pour le même exercice ont également été organisées dans les chefs-lieux des autres régions.

Les principales articulations de cette rencontre étaient le discours du MINFI puis des exposés sur les innovations de la Circulaire portant instructions relatives à l’exécution, au suivi et au contrôle de l’exécution du budget 2021, les innovations fiscales, les axes du budget d’investissement public et les innovations en matière de la contractualisation publique.

Le budget de cette année 2021 est de 4 865,2 milliards de FCFA, dont 4 670 milliards de FCFA pour le budget général et 195,2 milliards de FCFA pour les 12 comptes d’affectation spéciale. Il est en augmentation de 232, 5 milliards de FCFA par rapport au montant de la loi de finances rectificative de l’exercice précédent. Cette année, il est prévu de récolter des recettes internes de 3 349,7 milliards de FCFA pendant que les dépenses projetées s’élèvent à 4 091,4 milliards de FCFA.

En effet, la loi de Finances du Cameroun pour l’exercice 2021 a été promulguée le 17 décembre 2020. Elle est exécutoire et exécutable depuis le 01 er janvier 2021 et sa mise en œuvre va s’effecteur dans un contexte difficile marqué par la persistance de la crise sanitaire mondiale liée à la propagation du Coronavirus, et dont les conséquences économiques et sociales sont désastreuses. A travers elle, le Gouvernement s’est fixé comme principaux objectifs, de renforcer le système de santé afin de prévenir la propagation du virus et de garantir aux populations une meilleure qualité de soins ; de maintenir une veille sécuritaire dans les régions affectées par les crises et implémenter le Plan présidentiel de reconstruction et de développement desdites régions ; de parachever l’organisation des compétitions sportives internationales notamment le CHAN 2021 et la CAN 2022 ; d’accélérer le processus de décentralisation et de relancer l’appareil de production du Cameroun à travers la mise en œuvre de la politique de l’import-substitution.

Pour le Ministre des Finances, l’import-substitution qui vise la mise en place d’un système de transformation locale des produits de grande consommation à l’origine du déficit de la balance commerciale (riz, maïs, poissons, lait …), constitue un véritable leitmotiv de la nouvelle Stratégie de Développement à l’horizon 2030.

En matière de fiscalité, les mesures retenues ne créent pas des charges fiscales nouvelles à l’encontre des contribuables. Au contraire, elles leur consentent d’importants allègements fiscaux et d’assouplissement des procédures, pour favoriser l’éclosion de l’entreprenariat local et la redynamisation de l’activité économique.  La loi de finances exonère des droits de douane l’essentiel des équipements et intrants destinés à l’agriculture, à la pêche, à l’élevage et l’industrie pharmaceutique, et soumet aux droits d’accises certains biens importés qui peuvent être produits sans difficultés particulières au Cameroun. Toutes choses dont la mise en œuvre devrait encourager les producteurs locaux à plus d’audace dans l’offre de produits à destination des consommateurs.

S’agissant en particulier de la décentralisation, le montant des crédits inscrits dans le budget 2021 au titre de la dotation générale de la décentralisation est évalué à 590 milliards y compris la masse salariale des unités opérationnelles à la charge des CTD dans les secteurs de l’éducation et de la santé. Soit donc une fraction potentielle des ressources transférables aux CTD au titre de la Dotation Générale de la Décentralisation de 18% au minimum. Cependant, compte tenu des préalables nécessaires à mettre en place pour permettre l’exercice effectif des certaines compétences transférées aux CTD avant la mise à disposition effective à ces entités des ressources associées, le montant des ressources mises à disposition des CTD en 2021 et dont elles-mêmes assurent la gestion, s’élèvent à 232,1 milliards (soit 7,2% des recettes de l’Etat), en deçà donc du seuil de 482,6 requis pour respecter la fraction légale de 15 % fixé dans le Code de la décentralisation.

Le Ministre des Finances Louis-Paul Motaze a saisi cette occasion pour demander aux acteurs de la chaîne de dépenses publiques d’être porteurs de la réforme sur les CTD, afin de faire de la décentralisation une belle opportunité pour le développement de nos collectivités locales et le ferment de de notre unité nationale. Il a par la suite appelé au civisme des populations et au respect par les divers importateurs de leurs obligations douanières.

Par ailleurs, le MINFI a exhorté les ordonnateurs, maîtres d’ouvrages et maîtres d’ouvrage délégués  à s’approprier avec le soutien des services du Ministère des Marchés Publics, les procédures en vigueur en la matière et de procéder dès la semaine prochaine, si cela n’est pas été fait, au lancement des procédures de tous les marchés qui sont de leur compétence, de manière à donner aux opérateurs économiques l’opportunité de soumissionner et de réaliser lesdites prestations dans les délais impartis et conformément aux cahiers des charges prédéfini.

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