Publié le : 29/10/26 11:08 AM
En vue de la mise en service imminente d’une application informatique dédiée au suivi des importations des produits pétroliers, le ministère des Finances vient de réunir les acteurs majeurs du secteur à Yaoundé. Cet atelier de quatre jours, placé sous la supervision technique de la Division de l’Informatique de la Direction Générale du Budget, vient contribuer à booster la modernisation de la gestion des subventions pétrolières et la réduction des manques à gagner pour l’État camerounais.
Le paysage énergétique du Cameroun a connu une mutation profonde à la suite de l’incendie dévastateur de la Société Nationale de Raffinage (SONARA) survenu en 2019. Cet événement critique a forcé le pays à restructurer son mode d’approvisionnement, entraînant une multiplication notable du nombre de marketeurs pétroliers opérant sur le territoire national. Pour le ministère des Finances (MINFI), cette nouvelle configuration a rendu la gestion des importations et le calcul des manques à gagner (ces différentiels financiers nés de la politique de prix administrés par le gouvernement) particulièrement complexes. Face à ces enjeux de transparence et de maîtrise budgétaire, une initiative stratégique a été lancée dès juillet 2024, sous l’impulsion d’une note officielle instaurant une équipe-projet dédiée au développement d’un dispositif informatique de suivi robuste.
Le processus de création de cet outil a suivi une trajectoire rigoureuse de concertation et d’ajustements techniques. Après un premier atelier de validation tenu en juin 2025 à Mbakomo, ayant mobilisé l’ensemble des parties prenantes clés telles que le Ministère de l’Eau et de l’Énergie (MINEE), la Caisse de Stabilisation des Prix des Hydrocarbures (CSPH), la SCDP, la SONARA, ainsi que les Directions Générales du Budget et des Douanes, le logiciel a subi une phase intense de perfectionnement. Conformément aux hautes instructions reçues en novembre 2025, les techniciens ont renforcé les protocoles de sécurité, modernisé l’interface utilisateur pour une ergonomie optimale et intégré les nombreux amendements formulés par les différents acteurs du secteur. Aujourd’hui finalisé, ce dispositif se présente comme un centre névralgique de données, capable d’assurer le suivi en temps réel des importateurs, des marketeurs et de la validité de leurs agréments.
L’architecture de l’application permet une visibilité totale sur l’ensemble de la chaîne de valeur pétrolière. Elle intègre la gestion des appels d’offres, les processus d’adjudication et la réception effective des produits, tout en centralisant les données requises pour le calcul précis des manques à gagner ou, le cas échéant, des trop-perçus. Cette centralisation garantit non seulement la sécurité des informations, mais aussi leur disponibilité immédiate pour les prises de décisions budgétaires. Pour consolider cet édifice technologique, le récent atelier d’appropriation organisé à Yaoundé a permis aux utilisateurs finaux de se familiariser avec les différents modules du système. Les travaux, structurés autour de plénières et de tests pratiques, ont couvert six domaines essentiels : la gestion des marketeurs, le pilotage des attributions, la réception des produits pétroliers, la détermination du différentiel, le traitement budgétaire et comptable, et enfin la validation des rapports de développement.
L’objectif global de cette démarche est sans équivoque : renforcer les capacités opérationnelles de tous les intervenants pour garantir une transition fluide vers ce nouveau mode de gestion numérique. En examinant minutieusement chaque module, les agents de l’État et les partenaires privés s’assurent que la prise en charge budgétaire et comptable des produits pétroliers repose désormais sur des données inaltérables et vérifiables. Cette maîtrise technique est indispensable pour exécuter les tâches complexes liées au calcul des différentiels et pour valider les rapports de tests avant la mise en service officielle au sein des services du MINFI. Par cette innovation, le ministère ne se contente pas de numériser des procédures ; il se dote d’un véritable bouclier contre les déperditions financières, tout en offrant aux opérateurs un cadre de travail plus lisible et structuré. L’entrée en vigueur de cette application devrait transformer les méthodes de travail de la Direction Générale du Budget, faisant de la sécurité énergétique et de la rigueur fiscale deux piliers indissociables de la stratégie économique nationale.
Com DGB