Publié le : 27/07/26 2:19 PM
Face aux professionnels des médias le 24 juillet 2026 à Yaoundé, Cyrill Edou Alo’o, Directeur Général du Budget, a apporté des éclairages cruciaux sur le déploiement de la seconde phase de l’Opération AALFA. Alors que le premier bilan affiche un taux de participation de 34,2 %, le ministère des Finances muscle son dispositif pour enrôler les 119 000 agents publics restants avant l’échéance finale. Entre renforcement des capacités logistiques et lutte contre la fraude documentaire, l’administration fiscale entend assainir durablement le fichier solde de l’État.
L’heure est au bilan, mais surtout à l’action au sein du ministère des Finances (MINFI). Portée par l’ambition de garantir une gestion rigoureuse des deniers publics, l’Opération AALFA, dédiée à la régulation des allocations familiales, franchit une étape décisive. Lors d’un point de presse organisé ce vendredi dans la capitale politique, Cyrill Edou Alo’o, a dressé un état des lieux sans concession. À ce jour, un peu plus de 61 800 agents ont été recensés, représentant environ un tiers de la cible globale. Si ce résultat constitue un socle d’implication réel, il demeure néanmoins « insuffisant » au regard des objectifs de transparence fixés par le gouvernement.
Un dispositif opérationnel densifié_
Pour pallier les lenteurs observées et anticiper l’affluence de dernière minute (un phénomène qui avait marqué la clôture de la première phase avec près de 30 % des dossiers déposés in extremis) le MINFI mise désormais sur une stratégie de proximité et d’efficacité. Le dispositif a été considérablement renforcé : les équipes d’enrôlement ont été étoffées, le nombre de centres de collecte a été multiplié sur l’ensemble du territoire, et la communication a été intensifiée pour toucher les agents jusqu’aux zones les plus reculées.
Cyrill Edou Alo’o a profité de cette tribune pour lancer un appel solennel aux bénéficiaires n’ayant pas encore régularisé leur situation. Il les invite à se rendre dans les sites dédiés dès leur ouverture, munis de l’intégralité des pièces requises. Cette démarche anticipative vise à éviter les engorgements et, surtout, à garantir le maintien sans interruption des versements des allocations familiales.
La traque aux anomalies et la lutte contre la fraude
Le cœur de cette opération réside dans l’authentification des droits. Le DGB a révélé que les premières collectes ont mis en lumière des irrégularités préoccupantes. Parmi les anomalies récurrentes figurent des actes de naissance dépourvus de noms de la mère, des numéros de série absents, des dates de délivrance suspectes ou des incohérences manifestes concernant les centres d’état civil.
« Ces éléments constituent à ce stade de simples signaux d’alerte », a précisé Cyrill Edou Alo’o. Le processus se veut en effet rigoureux mais juste : la phase d’authentification permettra de distinguer l’erreur matérielle de la fraude délibérée. L’objectif affiché n’est pas de sanctionner les agents de bonne foi, mais de protéger les droits réguliers tout en mettant un terme aux paiements injustifiés issus de dossiers fictifs. Il a d’ailleurs été rappelé avec insistance que les pensionnaires ne sont pas concernés par cette procédure, celle-ci ciblant exclusivement les agents publics en activité.
Vers un assainissement global du fichier solde
L’Opération AALFA représente un défi de souveraineté économique. En traquant les « enfants fictifs » et les actes de naissance frauduleux, le gouvernement affiche sa détermination à assainir le fichier public. Malgré les résistances latentes de certains réseaux, la dynamique engagée semble irréversible. Pour le ministère des Finances, la réussite des prochains jours est déterminante. Il ne s’agit pas seulement de chiffres, mais de la moralisation de la dépense publique, assurant que chaque franc versé au titre des prestations familiales bénéficie réellement aux familles qui y ont droit, selon les règles de la légalité républicaine.
Com DGB