Publié le : 11/06/26 10:17 AM
Engagé à renforcer les capacités des administrations sectorielles pour l’optimisation et le suivi des recettes non fiscales inscrit dans la Loi de Finances 2026, la Division de la Préparation du Budget s’appuie sur le caractère national de la série d’ateliers lancée le 3 juin 2026, pour permettre aux acteurs de cette chaîne stratégique, de faire face aux défis logistiques et opérationnels inhérents rencontrés dans les régions.
Dans un contexte économique marqué par la nécessaire diversification des sources de financement de l’État, la mobilisation optimale des recettes non fiscales (RNF) est devenue une priorité stratégique. Le Ministère des Finances (MINFI), à travers la Division de la Préparation du Budget, a engagé une série d’initiatives visant à renforcer les capacités des administrations sectorielles. Cette démarche s’inscrit en droite ligne des défis portés par la Loi de Finances 2026, avec pour ambition claire de rendre le processus de collecte de ces revenus efficace et performant, même dans les zones les plus reculées où les défis sont les plus palpables.
Les prévisions pour 2026 tablent sur une contribution substantielle de 400 milliards de FCFA issus des recettes non fiscales, dont 18 milliards proviennent de mesures nouvelles. Cependant, l’analyse des performances passées révèle des écarts significatifs. Les chiffres pour 2024 et la période d’octobre 2025 accusent un déficit notable, avec respectivement seulement 30 et 20 milliards de FCFA collectés en deçà des attentes. Ces contre-performances ne sont pas le fruit du hasard mais témoignent de difficultés structurelles et opérationnelles qui freinent la bonne exécution des politiques de recouvrement.
Parmi les écueils majeurs, l’insuffisance de la vulgarisation des nouvelles mesures fiscales et réglementaires figure en bonne place. Souvent, les acteurs de terrain manquent d’une information claire et anticipée sur les évolutions susceptibles d’impacter leur activité. À cela s’ajoute une absence de plans d’implémentation et de recouvrement dédiés et adaptés aux spécificités locales. La maîtrise des procédures d’ordonnancement, de recouvrement et de suivi, ainsi que leur application rigoureuse, est également un point de friction constant.
Au-delà des aspects procéduraux, ce sont les contraintes physiques et infrastructurelles des services déconcentrés qui posent un autre défi majeur. L’alimentation électrique instable, les routes souvent impraticables, la couverture réseau téléphonique aléatoire et les problèmes de connexion internet rendent la collecte des fonds et le suivi des opérations d’une complexité décourageante. Ces difficultés logistiques transforment une tâche administrative en une véritable expédition, particulièrement dans les régions confrontées à des crises ou simplement éloignées des grands centres urbains et administratifs.
Une approche systémique pour surmonter les obstacles
C’est pour répondre à cette conjonction de difficultés que le MINFI a initié une série d’ateliers nationaux et régionaux de vulgarisation, de sensibilisation et de formation, lancée le 3 juin 2026. Cependant, si l’initiative vise à doter les acteurs en charge du recouvrement des RNF des outils, des connaissances et des méthodes nécessaires pour optimiser la collecte des recettes inscrites dans la Loi de Finances 2026, elle jette aussi les bases d’un recouvrement plus efficace, plus transparent et surtout plus conforme aux textes en vigueur.
Or, bien que les principes et méthodes se veulent uniformes sur toute l’étendue du territoire national, la réalité sur le terrain impose des adaptations. La collecte des RNF rencontre des obstacles plus tenaces dans certaines zones : les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, en crise, ainsi que de nombreuses localités retirées et éloignées des centres de décision des services déconcentrés. Ces zones nécessitent une attention particulière et des stratégies sur mesure.
Les échanges organisés lors de ces séminaires ont permis aux équipes du MINFI d’élaborer et de proposer des méthodes fiables et efficaces, conçues pour systématiser les bonnes pratiques et permettre aux différents intervenants de la chaîne de recouvrement d’agir avec célérité et rigueur. L’objectif premier est de sensibiliser ces acteurs sur l’importance capitale des RNF dans le financement du budget de l’État, d’autant plus que les recettes fiscales traditionnelles et douanières ont connu une forte baisse du fait des multiples crises sécuritaires et économiques.
« Les recettes fiscales se sont amenuisées à cause des multiples crises. Pareil pour les recettes douanières. Il reste aujourd’hui un gisement énorme que représentent les services que les administrations rendent aux usagers et que nous appelons vulgairement recettes non fiscales », explique Alexis Moïse Kamanda, inspecteur des Régies financières en service à la DGB.
Un Programme régional intensif
Pour assurer une couverture et une efficacité maximales, la caravane de sensibilisation a été programmée selon un calendrier précis pour toutes les régions. Le Centre a accueilli la première étape le 3 juin 2026 à l’UNITED Hotel de Mbankomo. Le Sud a suivi le vendredi 05 juin, à la salle de la Communauté urbaine d’Ebolowa 2e, sis à Angalé. Le Littoral et le Sud-Ouest se sont retrouvés le mercredi 10 juin au Palais de la Culture d’Akwa, tandis que les régions de l’Ouest et du Nord-Ouest ont été prévues pour le vendredi 12 juin 2026, dans la salle des actes de la communauté urbaine de Bafoussam. Les dates et lieux pour les autres régions quant à elles seront programmées ultérieurement.
Cette démarche proactive, qui met l’accent sur la formation, la sensibilisation et le développement de méthodologies adaptées aux réalités locales, témoigne de la volonté du Ministère des Finances de transformer les contraintes logistiques et opérationnelles en opportunités. En renforçant les capacités de ses collaborateurs des services déconcentrés, le ministre entend s’assurer que le potentiel des recettes non fiscales soit pleinement exploité, garantissant ainsi des ressources stables et suffisantes pour le financement des missions de l’État.
Com DGB