Ministère des Finances du Cameroun

LA DIRECTION GENERALE DU BUDGET

Conférence Annuelle du Ministère des Finances: Transformation et adaptation pour dompter les défis de 2026

Publié le : 9/02/26 10:00 AM

Ces maîtres mots ont été martelés par le Ministre des Finances, Louis Paul Motaze, le 6 février 2026, dans son discours d’ouverture de la conférence annuelle des responsables des services centraux, déconcentrés et extérieurs de son département ministériel. Réunissant ces acteurs clés sous le thème « Gestion optimale de la trésorerie de l’État : enjeux, défis et perspectives », cette rencontre a tablé sur des stratégies susceptibles de permettre au Cameroun de faire face au contexte économique mondial, en perpétuelle mutation et aux impératifs de développement national.

Les réflexions de cette conférence se sont inscrites dans la continuité de la mise en œuvre de la Stratégie Nationale de Développement à l’horizon 2030. Dans cette optique, et considérant le budget de l’État pour l’exercice 2026, arrêté à un montant conséquent de 8 816,4 milliards de FCFA, la mission de la trésorerie publique devient  plus cruciale que jamais. Il s’agit d’assurer une injection fluide, régulière et précisément ciblée des ressources financières vers les projets structurants. Une  fluidité et une pertinence qui s’avèrent  indispensables pour soutenir durablement la croissance économique et le développement social.

Louis Paul Motaze a souligné la clarté de l’enjeu fondamental pour 2026 : «… Faire en sorte que chaque franc CFA mobilisé soit utilisé avec célérité, efficacité et transparence, au service des priorités nationales et à l’amélioration des conditions de vie de nos concitoyens ». Cette exhortation souligne la responsabilité collective qui incombe à tous les agents du Ministère des Finances, qui doivent faire de la discipline budgétaire un principe d’efficacité. La performance de la trésorerie publique n’est pas une responsabilité isolée ; elle est le socle de la stabilité sociale, un facteur déterminant et incitatif pour booster la confiance des investisseurs et un levier essentiel pour la transformation structurelle de l’économie.

Face aux mutations rapides et aux incertitudes croissantes, le Minfi  a mis l’accent sur la nécessité d’un dialogue constructif et d’une réflexion collective. Ce qui implique un échange , une confrontation  des pratiques et un enfrichement des approches, sans éluder les contraintes et les difficultés opérationnelles, qui peuvent parfois entraver l’efficacité de l’action publique. Il a cependant précisé que ce contexte d’incertitudes recèle également des opportunités significatives. À cet égard, l’adaptation au changement et l’innovation sont appelées à devenir des moteurs de progrès, notamment à travers l’accélération de la transformation numérique, la transition énergétique, le renforcement de l’intégration régionale et l’émergence de nouveaux instruments de financement qui viennent diversifier et sécuriser les ressources.

Pour le Ministère des Finances, l’heure est donc à une démarche résolue d’introspection et de créativité dans les modes de fonctionnement internes. L’objectif est de mieux anticiper l’avenir et d’aborder l’incertitude avec un maximum de lucidité et de sérénité. Dans cette perspective, il est impératif de poser les bonnes questions pour identifier et résoudre les difficultés rencontrées, afin de surmonter les défis cruciaux qui se dessinent à l’horizon, tout en capitalisant sur les acquis déjà réalisés.

La mise en œuvre des directives émanant du Chef de l’État, exigera plus que jamais des ressources financières conséquentes. Leur mobilisation et leur mise à disposition effective incombent plus que par le passé, au Ministère des Finances qui voit ainsi ses responsabilités accrues. L’atteinte des objectifs nationaux dépendra en grande partie de sa capacité à mobiliser les fonds nécessaires et à gérer la trésorerie de l’État de manière optimale.

Face à la persistance des tensions sur les finances publiques, la volatilité des ressources budgétaires, l’accroissement des charges incompressibles, et les exigences sans cesse croissantes en matière de continuité et de qualité du service public, le ministre pense que la gestion de la trésorerie de l’État s’impose aujourd’hui comme un levier stratégique majeur. Elle est la clé de voûte de la soutenabilité budgétaire et de la stabilité macroéconomique. L’État, acteur incontournable de la vie économique de la nation, trouve dans sa trésorerie le souffle même de son action publique.

Perspectives d’une meilleure gestion de la trésorerie

Pour donner une traduction opérationnelle à cette ambition collective, la conférence s’est articulée autour de trois exposés majeurs, conçus comme des séquences complémentaires, visant à décortiquer les enjeux, analyser les défis et explorer les perspectives de la gestion de la trésorerie publique, afin d’assurer un avenir financier solide et prospère pour le pays.

Le premier exposé, portant sur l’ « État des lieux des finances publiques au Cameroun », a dressé un panorama exhaustif, objectif et prospectif de la situation actuelle. Il visait à identifier avec précision les  marges de manœuvre, les vulnérabilités tant structurelles que conjoncturelles, ainsi que les leviers stratégiques essentiels pour renforcer la résilience de la trésorerie de l’État face aux chocs internes et externes. Un véritable  diagnostic indispensable sur lequel le MINFI bâtira ses  stratégies futures.

La seconde présentation a porté sur les « Réformes budgétaires et contribution à l’amélioration de la gestion de la trésorerie ». Cet exposé s’est appesanti sur  les réformes structurelles et institutionnelles engagées dans la modernisation de la  gestion des finances publiques. Il a également exploré  le lien d’interdépendance  entre la gestion budgétaire et la gestion de la trésorerie, en examinant les zones de fragilité et les contraintes actuelles des processus. D’un autre côté, il a  démontré comment ces réformes, menées de concert et avec une bonne coordination entre tous les acteurs, visent à améliorer la prévisibilité des flux financiers, à réduire les délais de traitement des engagements et des paiements, et à faire un alignement optimal entre la planification budgétaire, les priorités de la SND30, les budgets sectoriels et les plans de trésorerie pour une meilleure performance globale.

Le troisième exposé a présenté  de manière approfondie et systémique la problématique de la « Crise de liquidités : raisons et solutions ». il a analysé  les causes profondes des tensions de trésorerie actuelles, qu’elles soient structurelles (dépendance aux recettes, rigidité de la dépense, fragmentation des circuits financiers) ou conjoncturelles (retards de décaissement extérieur, chocs exogènes, fluctuations des marchés). L’accent a été mis sur leur impact socio-économique, et budgétaire, relativement au  paiement des fournisseurs, la continuité du service public, et le climat de confiance avec le secteur privé. En clair, cet  exposé a proposé  un ensemble de leviers stratégiques et opérationnels concrets afin de juguler  progressivement les tensions de trésorerie.

Com DGB