Publié le : 15/01/26 9:43 AM
Face aux insuffisances observées dans l’exécution budgétaire, notamment des lacunes dans la maîtrise et l’application des procédures de contractualisation, d’exécution et de suivi des projets par certains exécutifs décentralisés, la gestion des annulations de dépenses liées aux ressources transférées, le maintien persistant de la pratique de sauvegarde des crédits, et le démarrage tardif de projets pourtant déjà contractualisés, le ministre des finances a souligné la responsabilité collective et individuelle de chacun. Il a ainsi appelé à une prise de conscience accrue et à un engagement renouvelé pour aligner les actions sur les objectifs de développement du pays.
La cérémonie solennelle de lancement du budget de l’État ce 13 janvier 2026, a ainsi permis à Louis Paul Motaze d’adresser des directives précises et des attentes fermes à l’ensemble des acteurs impliqués dans ce processus. Il a précisément interpellé les différentes parties prenantes de l’exécution budgétaire, leur rappelant leur rôle pivot dans la concrétisation des ambitions du Cameroun, engagé dans son processus d’émergence. Il a particulièrement insisté sur la responsabilité primordiale des ordonnateurs, des maîtres d’ouvrage et des maîtres d’ouvrage délégués. Ces derniers, a-t-il rappelé, occupent une position prioritaire dans la chaîne de la dépense publique. Leur rôle est déterminant pour le démarrage rapide et efficace des procédures d’appel d’offres. Il leur incombe la préparation méticuleuse des dossiers de consultation, le lancement rigoureux des marchés publics, leur attribution dans les délais impartis, et l’engagement des dépenses qui s’y rattachent. Dans cette optique, le Ministre a donné une instruction claire : le lancement, dès la semaine du 19 janvier, de toutes les procédures de marchés relevant de leur compétence. Cette mesure vise à offrir aux opérateurs économiques nationaux et internationaux une fenêtre d’opportunité tangible pour soumissionner, concourir, et réaliser les prestations attendues dans les délais prescrits et en parfait accord avec les cahiers de charges définis. L’objectif est double : fluidifier le circuit économique et assurer que les projets stratégiques ne souffrent plus de lenteurs administratives ou de retards au démarrage, qui peuvent avoir des répercussions négatives sur l’atteinte des objectifs de performance économique et sociale.
Parallèlement, le Ministre a reconnu et valorisé la place centrale des opérateurs économiques dans l’écosystème national. Il les a exhortés à maintenir et à élever la qualité de leur contribution à la politique fiscale et au développement économique prônée par le gouvernement. Mettant en avant leur patriotisme économique, Louis Paul Motaze leur a rappelé qu’ils portent une responsabilité substantielle quant à la réalisation conforme et qualitative des travaux et des prestations qui leur sont confiés par les maîtres d’ouvrage. Cela implique non seulement le respect strict des spécifications techniques et des délais, mais aussi un engagement envers l’excellence opérationnelle et l’innovation, contribuant ainsi à la bonne image du secteur privé camerounais et à sa crédibilité auprès des partenaires.
Les services déconcentrés des Ministères chargés des Finances, de l’Économie et des Marchés Publics ont également été spécifiquement ciblés par les directives ministérielles. Il leur a été confié la lourde tâche de garantir la rigueur dans la gestion des règles et procédures, d’assurer une veille constante du respect de ces dernières, et de fournir un accompagnement de proximité aux différents acteurs de l’exécution budgétaire. Cette mission exige d’eux une maîtrise approfondie des outils de gestion budgétaire et financière en vigueur, ainsi qu’une célérité exemplaire dans le traitement des dossiers. Le Ministre a insisté sur l’impératif de mettre en place tous les mécanismes nécessaires pour fluidifier le traitement des dossiers administratifs et financiers. Il a en outre rappelé avec insistance la nécessité d’un respect scrupuleux des règles éthiques et déontologiques inhérentes à l’exercice de leurs fonctions. Cette exigence vise à prévenir toute dérive, à renforcer la confiance dans le système de gestion des deniers publics, et à assurer une gouvernance exemplaire.
Enfin, les élus locaux, dont les efforts et les sacrifices ont été salués par le Ministre pour leur rôle dans la réussite de la mise en œuvre de la décentralisation, ont reçu des orientations prospectives. Louis Paul Motaze les a incités à saisir pleinement l’opportunité offerte par la nouvelle loi sur la fiscalité locale pour dynamiser le développement de leurs circonscriptions respectives. Les recommandations formulées à leur intention incluent l’optimisation systématique du recouvrement des recettes fiscales locales, une accélération déterminante dans la mise en œuvre des projets inscrits dans leurs budgets, et une approche plus réaliste et pragmatique dans le vote des budgets futurs. Ce réalisme doit être fondé sur une analyse rigoureuse du niveau de réalisation des budgets passés et une évaluation précise de la capacité d’absorption des crédits mis à leur disposition. En adoptant ces pratiques, les collectivités territoriales pourront mieux servir leurs administrés et contribuer plus efficacement aux objectifs de développement durable du pays, renforçant ainsi le tissu économique et social à l’échelle locale tout en participant à la stratégie nationale de croissance et de prospérité.
Com.DGB