La direction générale du budget Cameroun

LA DIRECTION GENERALE DU BUDGET

CEPB-PA 2021 : Le MINEPAT et le MINFI accompagnent les administrations dans l’élaboration d’une nouvelle cartographie des programmes

Publié le : 1/09/21 10:02

Les travaux des Conférences Élargies de Programmation Budgétaire et de Performance Associée (CEPB-PA) pour le triennat 2022-2024 ont été lancés  le 23 août 2021 à l’hôtel Hilton de Yaoundé, sous l’action conjointe du Ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire et le Ministère des Finances.

D’importants travaux menés depuis le début de l’année ont permis l’accompagnement de l’ensemble des administrations par le MINEPAT et le MINFI, dans le cadre de l’élaboration de la nouvelle cartographie des programmes, ceci en vue de leur arrimage aux orientations de la Stratégie Nationale de Développement 2024-2030. Aussi les assises des CEPB-PA doivent-elles permettre aux administrations, sur la base d’un processus rationnel, d’identifier les projets prioritaires en droite ligne des politiques publiques, d’en déterminer les coûts et de les inscrire dans les Cadres de Dépenses à Moyen Terme (CDMT) des administrations pour la période 2022-2024.

Dans son discours d’ouverture de la session 2021, le Ministre de l’Economie,  de la Planification et de l’Aménagement du Territoire a rappelé non seulement le contexte de l’institution CEPB-PA, mais aussi, l’objectif principal des assises. En effet instituées  par le décret N°2019/281 du 31 mai 2019 fixant le calendrier budgétaire de l’Etat, les CEPB-PA ont pour vocation de répondre à l’enjeu d’appréciation de la performance des administrations et permettre à l’Etat non seulement d’avoir une bonne visibilité sur ses actions d’une part,  mais aussi de définir un budget conséquent en matière de mobilisation des ressources d’autre part. Autrement dit, la session de 2021 servira de cadre d’examen de la nouvelle cartographie des programmes. Les travaux engagés ici, permettront d’affiner la programmation des dépenses de l’Etat pour la période 2022-2024, en s’assurant qu’elle répond aux objectifs de renforcement de l’efficacité de la dépense publique, d’amélioration du pilotage des politiques publiques, et de soutenabilité à moyen terme des engagements financiers de l’Etat.

Eu égard à l’importance des enjeux ainsi définis, les travaux devront se dérouler d’après le Ministre  Alamine Ousmane Mey, sous le prisme du triptyque « fiabilité-pertinence-crédibilité ». Fiabilité renvoie à la nécessité de produire des informations budgétaires bien comprises et largement partagées. Pertinence est relative au maintien de la cohérence entre la vision stratégique de la SND30 et la dimension opérationnelle budgétaire. En fin crédibilité, parce que d’elle dépend la confiance à l’intérieur et à l’extérieur. Dans ce sens, le MINEPAT rappelle que le recours récurrent aux marchés des capitaux par le Cameroun fait de la notation financière, une exigence dont la satisfaction est fonction de la qualité des informations macro-économiques et budgétaires produites. Il apparaît donc souhaitable au terme des travaux, que chaque administration dispose d’un cadre de dépenses à moyen terme de qualité assorti d’éléments de mesure de la performance clairement définis.  Ceci apparaît d’autant plus nécessaire que la planification stratégique, option choisie par le Cameroun pour guider son processus, l’exige dans un contexte socio-économique délicat.

Un cadrage budgétaire à moyen terme contraint

le cadrage budgétaire à moyen terme 2022-2024 fait apparaître un gap de financement de 951 milliards de FCFA pour la couverture en 2022 des besoins budgétaires des projets engagés. Face à cette situation, l’objectif principal est le parachèvement dans toutes les administrations de tous les projets en cours, et la mise en service complète des grands projets de première génération. Or, il convient de rappeler que la SND30 ambitionne de renforcer le niveau de l’investissement public à l’horizon 2030, pour situer à 40% des dépenses totales de l’Etat. Aussi, malgré les contraintes, la préservation du niveau nominal des dépenses d’investissement public demeure-t-elle une priorité du gouvernement tant au niveau de l’administration centrale que des Collectivités Territoriales  Décentralisées(CTDs). Avec plus d’efficience, la nécessité d’une optimisation des recettes et d’une rationalisation des dépenses en général et des dépenses d’investissement en particulier s’impose.  Il s’agit donc de poser les jalons et accélérer la mise en œuvre de la SND30, en rattrapant les retards du DSCE, dégager les marges budgétaires pour le lancement satisfaisant des nouveaux projets de la SND30 en tenant compte de la récession économique.

Des Conférences tenues dans un contexte de récession économique

Il faut noter que les Conférences Elargies de Programmation Budgétaire et de Performance Associée (CEPB-PA) édition 2021 s’effectuent au lendemain de la tenue à Yaoundé du Sommet Extraordinaire de la CEMAC dont le thème était: « Evaluation de la situation macro-économique dans la CEMAC en contexte de pandémie du Covid-19 et analyse des mesures de redressements ». Les CEPB-PA s’inscrivent pour ainsi dire, naturellement dans le volet gestion des finances publiques dont la consolidation reste une priorité pour nos Etats et donc, pour le Cameroun. Or, avec les affres du Covid-19, l’économie mondiale a connu une forte récession de 3,3% en 2020, et le FMI projette une croissance mondiale de 6% cette année. Les économies développées et les pays émergents ayant un rythme plus soutenu que les pays à faible revenu, le Cameroun, après la contraction de 0,7% en 2020 et un taux d’exécution global de son budget d’investissement public à 92% présente des perspectives favorables, mais également fragiles. En effet, la reprise mondiale de la croissance tirée par la demande internationale et la remontée des causes est en grande partie tributaire de l’évolution de la vaccination et des mesures de réouverture progressive des économies dans un contexte de persistance de la pandémie.  Un contexte qui a parfois nécessité de réajuster les différents programmes au cours des travaux auxquels chaque   délégation des administrations et autres institutions se sont soumis jusqu’au 31 août, le but étant pour chaque administration de disposer d’un CDMT de qualité, assorti d’éléments de mesure de la performance clairs et de documents complémentaires utiles pour une bonne programmation basée sur des projections réalistes.