Comprendre les enjeux de la soutenabilité de la masse salariale de l’Etat du Cameroun

étude sur la soutenabilité de la masse salariale du Cameroun

L’étude menée par le Ministère des Finances sur la soutenabilité de la masse salariale en 2018 avait pour but de déterminer le sentier que devrait suivre la masse salariale au cours de la période pour rester soutenable au plan budgétaire. La soutenabilité de la masse salariale étant appréciée sous l’angle de la norme communautaire de 35% des recettes fiscales, inscrite dans les critères de convergence de la CEMAC.

En 2016, la masse salariale représentait 21% du budget de l’Etat et 38,5% des recettes fiscales. L’ensemble des dépenses de personnel représentait 41,3% des recettes fiscales, largement au-dessus de la norme communautaire.

Selon cette étude, la masse salariale a augmenté à un rythme moyen annuel de 7,8% contre 7,6% pour les recettes fiscales sur la même période. Cette détérioration de la soutenabilité budgétaire est préoccupante. Par conséquent, il s’avère nécessaire de maîtriser l’évolution des dépenses salariales en identifiant les mesures pour que le cadrage de la masse salariale respecte la norme communautaire. L’étude aboutit aux résultats suivants :

  • avec l’hypothèse de la croissance annuelle des recettes fiscales de l’ordre de 4.5%, il est possible d’effectuer en moyenne 5 948 nouveaux recrutements chaque année, mais sans marge pour l’augmentation des salaires ;
  • avec l’hypothèse d’une croissance des recettes fiscales de 6,0% par an, un volume annuel moyen 7 208 nouveaux recrutements peut être permis, avec une possibilité d’ajustement salarial au taux maximum global de 8,0 % sur toute la période. Cette marge d’ajustement pourrait également couvrir de nouvelles mesures catégorielles, tout comme elle pourrait permettre de diminuer le stock de la dette salariale ;
  • avec l’hypothèse d’une croissance des recettes fiscales de 8,3% par an, l’on pourrait envisager une moyenne de 7 536 nouveaux recrutements, avec la possibilité d’ajustement salarial au taux maximum global de 22,0 % sur toute la période. Cette d’ajustement est également utilisable pour la couverture des éventuelles mesures catégorielles ou encore, pour diminuer le stock de la dette salariale.

Afin de prendre en compte à la fois la capacité de mobilisation des recettes de l’Etat et le respect de la norme communautaire relative au seuil du ratio de la masse salariale sur les recettes fiscales, il serait important pour le Gouvernement d’opter prudemment pour une moyenne annuelle de 7 208 nouveaux recrutements dans la fonction publique. Ce qui lui permettra non seulement de conserver une marge d’ajustement salarial au taux maximum global de 8,0 %, mais également de mieux orienter ces choix vers la qualité de la ressource humaine en adéquation avec les options stratégiques de développement.

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