Historique

L’EVOLUTION DES FINANCES PUBLIQUES DE L’INDEPENDANCE A NOS JOURS

Après avoir connu trois administrations étrangères (allemande, française et britannique), le Cameroun accède à son indépendance le 1er janvier 1960. Ce nouveau statut lui confère une autonomie dans la gestion des affaires publiques notamment dans la gestion des finances publiques. Très tôt, le jeune Etat du Cameroun prend son destin en main en se dotant des institutions républicaines capables de conduire l’action publique à travers une administration tournée vers la promotion du développement social et économique et garantissant la sécurité des biens et des personnes. L’atteinte de cet objectif a structuré l’évolution institutionnelle de notre nation qui se caractérise par une constance de son idéologie politique et économique tout au long de son histoire.

En effet, héritier de la tradition libérale judéo-chrétienne et des acquis de l’idéal post-révolutionnaire occidental, le Cameroun a, à travers ses différentes constitutions pris le parti d’une démocratie libérale. Toutes ses lois fondamentales ont toujours hissé aux frontispices de  l’édifice républicain les droits fondamentaux de l’homme garantis par un régime de séparation des pouvoirs de type parlementaire ou semi-présidentiel selon les sensibilités doctrinales.

Parmi ces droits, figurent en bonne place les droits relatifs à la gestion des finances publiques notamment ceux ayant contribué à l’essor du parlementarisme issu des révolutions françaises et britanniques à l’instar du droit de consentement à l’impôt et du droit de contrôle des dépenses publiques. La consécration de la liberté d’entreprise et le désengagement progressif de l’Etat du secteur productif, n’occulte pas l’option quasi-constante pour la social-démocratie qui met l’Etat au centre du processus de développement par  une offre de biens publics conséquente. C’est ainsi que malgré la réduction de la sphère publique prônée par les politiques d’ajustement structurel, le secteur public est demeuré prépondérant dans l’économie nationale, son poids étant appelé à augmenter durant la période de réalisation des projets structurants à forte consommation de l’investissement public.

Un regard rétrospectif sur l’évolution des finances publiques camerounaises peut nous permettre d’apprécier leur impact sur la promotion du développement socio-économique, ce au regard des performances économiques réalisées. On en conclurait que malgré l’augmentation constante des dépenses publiques, les conditions de vie des populations ne se sont pas significativement améliorées. D’où le constat d’un faible impact des finances publiques sur le progrès social et économique.

Parmi les écueils à l’institution d’un cycle vertueux des interventions publiques, on a pu citer la faiblesse de la part de l’investissement public dans le budget de l’Etat entraînant une détérioration de l’offre de biens publics, l’absence d’une vision stratégique et programmatique du développement, la corruption et le déficit de la gouvernance financière publique. La prise en compte de cette dernière préoccupation a conduit à un diagnostique qui a permis de se rendre à l’évidence de l’inaptitude du régime financier institué par l’Ordonnance de 1962 à opérer le saut qualitatif espéré et a incidemment recommandé une rénovation du cadre normatif et institutionnel de la gestion des finances publiques. L’enclenchement de ce processus a abouti à la réforme du système financier public dont la principale ligne de démarcation d’avec le système jusqu’alors en vigueur est de nature philosophique et culturel.

En effet, à la culture des moyens véhiculée par son devancier, le régime financier de l’Etat du 29 décembre 2007 fait la promotion d’une culture du résultat et de la performance. Cette révolution est la principale pierre de touche des changements majeurs qu’a connus notre système de gouvernance financière publique et constitue à l’évidence l’un des meilleurs prismes d’analyse de l’évolution des finances publiques du Cameroun dans sa marche vers la prospérité économique et sociale.

  • LE REGIME FINANCIER DE L’ETAT POST-INDEPENDANCE : LA PREEMINENCE D’UNE LOGIQUE DE MOYENS

A son accession à l’indépendance, le Cameroun à l’instar de la plupart des anciennes colonies

CONCLUSION

L’évolution des finances au Cameroun depuis l’indépendance a été émaillée de crises financières et mondiales mettant en évidence les lacunes du système de gestion financière et nécessitant une reforme substantielle régime financier de l’Etat.

La mutation amorcée depuis le vote de la loi portant régime financier de 2007 va atteindre sa phase décisive le 1er janvier 2013 avec la présentation et l’exécution du budget en mode programme marquant ainsi l’entrée en vigueur de cet important texte dans son intégralité. L’onde de choc de ce changement va au delà de la sphère financière publique et augure une refonte du cadre organisationnel et structurel de l’administration publique en général.

A cet égard, le succès de la reforme des finances publiques dont l’un des enjeux est de rendre le système de gestion financière publique compatible avec les objectifs de la politique des « Grandes réalisations » du septennat du Président Paul BIYA, est tributaire un certain nombre de facteurs. En premier lieu, il faut un engagement politique fort qui permette une diffusion rapide des idéaux de la reforme dans l’ensemble du corps social. Deuxièmement, il est nécessaire de se doter d’un système de gestion des finances publiques reposant sur des cadres macro-économique et budgétaires crédibles et un système d’information performant. Enfin, il est impératif de disposer des capacités en ressources humaines et financières suffisantes.

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